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Climat : ces petits gestes qui peuvent vraiment tout changer

Publié le 19 septembre 2018 à 17 h 24 min

Mise à jour le 24 juin 2019 à 13 h 39 min

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Ce lundi 17 septembre, j’ai publié une tribune dans le journal Les Echos (rubrique “le cercle des Echos”), afin d’insister sur l’importance de ces petits gestes…

Cette rentrée de septembre met du baume au cœur des défenseurs de l’environnement. Si le départ-surprise de Nicolas Hulot a pu inquiéter, il a aussi suscité un regain de mobilisation. L’occasion de rappeler que chacun peut agir à son échelle et que ce n’est jamais vain, contrairement à ce que certains affirment.

C’est une petite musique cynique jouée par les pessimistes du moment que l’on entend. Ici dans un livre, là dans un média, et régulièrement dans nos vies de tous les jours. La démonstration vise à nous faire croire que les petits gestes que nous sommes de plus en plus nombreux à adopter dans nos vies de tous les jours n’auraient qu’un effet marginal sur une transition souhaitée.

A quoi bon installer une multiprise pour éteindre ses appareils en veille le soir quand les industriels font tourner les machines 24 heures sur 24, pourquoi changer ses habitudes pour consommer davantage en vrac et moins produire de déchets quand les services de livraison à domicile et leurs paquets plein de plastique ont une croissance à deux chiffres, pourquoi aller travailler à vélo, quand on voit que les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie mondiale ne cessent d’augmenter ?…A quoi bon…

Des élites indispensables ?

Rien ne changerait sans les élites à la manœuvre, pas de transition agricole, énergétique, de la mobilité, de l’habitat, de nos modes de consommation sans les industries, entreprises, investisseurs et gouvernants. Puisqu’à ce stade la rupture n’est pas à l’ordre du jour, nous serions juste occupés à nos petits efforts pendant que les mêmes s’enrichissent ou gouvernent et que la planète décline.

Cette vision est aussi pessimiste que dangereuse. Car derrière ces petits gestes, des femmes, des hommes, des jeunes ou moins jeunes, s’engagent, au cœur de leur quotidien pour ne pas céder à la fatalité. Toutes ces « petites actions » sont autant de résistances et de parcelles de liberté acquises avec engagement et résilience, car tout ou presque va dans le sens contraire d’une société sobre et durable.

Si nous sommes de plus en plus nombreux, au-delà des clivages politiques, culturels et sociaux, à nous retrouver dans cette volonté de changer les choses, en commençant par notre quotidien, c’est parce que ces élites qui auraient tant de pouvoir restent dans un monde qui n’a pas d’avenir, et que nous, nous en voulons un car nous sommes avant tout des parents, grands-parents, frères ou sœurs attachés à ce qui fonde toute espèce vivante : la vie.

Un système favorable au collectif

Dans une économie de marché structurée au sein d’un système démocratique, les consommateurs et citoyens ont tous les pouvoirs à condition d’être assez nombreux. C’est ce qui a fait de la récente marche pour le climat un signal, mais aussi ce qui a permis la croissance de l’alimentation bio, le développement des véhicules plus propres ou encore l’incroyable dynamique du mouvement « zéro déchet ».

Imaginez que demain, nous soyons une majorité à adopter ces petits gestes :

  • Acheter nos produits frais auprès de producteurs locaux proposant une agriculture Bio ou en conversion ;
  • Réduire notre consommation de viande ;
  • Se déplacer à vélo ou en transports en commun chaque fois que cela est possible ;
  • Réduire notre consommation électrique grâce à quelques astuces à portée de chacun et nous abonner à une offre d’électricité renouvelable ;
  • Acheter des vêtements de seconde main ou issus de la mode éthique;
  • Réduire nos ordures ménagères avec un composteur, l’achat en vrac et une démarche zéro déchet….

Des changements majeurs à la clé

Rien qu’avec ces petits gestes appliqués par une grande majorité, les changements seraient sensibles. Notre modèle agricole serait sauvé et bien moins polluant, les émissions de gaz à effet de serre sensiblement réduites, la transition énergétique soutenue, l’industrie du textile forcée de revoir son modèle, nos modes de consommation, plus durables. Et, par voie de conséquence, les élites à la traîne suivraient fatalement le mouvement puisque le marché et les citoyens en auraient décidé ainsi. Le système entrerait alors dans une phase de changement profond.

Nous sommes sans aucun doute de plus en plus nombreux à essayer de changer nos modes de vie au quotidien, il ne faut pas se résigner, il ne faut pas céder un centimètre aux cyniques ou aux pessimistes. La situation est si grave qu’aucune bonne volonté ne doit être laissée sur le bas-côté.

Collectivement, nous pouvons porter une révolution pacifique du système pour aller vers un autre modèle, plus vertueux, plus sobre mais aussi plus innovant et porteur de sens. Et ce changement se fera probablement « du bas, vers le haut », contre toute attente.

1 Commentaire

  1. Danielle Malecot

    Bravo
    Il faut persévérer j’en suis convaincue et faire adhérer les scetiques

    Réponse

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